Comment agir au repas face à une petite fille qui a de l'embonpoint?

Par Mylène Duplessis Brochu (nutritionniste)

Vous faites face à une petite fille qui a de l’embonpoint. Au moment du repas, quelles pratiques et stratégies alimentaires devraient être privilégiées?

Peu importe le poids des enfants, ceux-ci devraient toujours être servis en fonction de leur appétit. En effet, l’appétit des enfants est le meilleur guide afin de combler leurs besoins énergétiques. Un enfant présentant un embonpoint ne devrait pas être considéré autrement. Il ne faut donc pas servir de moins grandes quantités d’aliments à un enfant ou éviter de lui offrir des aliments plus caloriques sous prétexte que celui-ci est plus enrobé. Plus encore, si l’enfant a encore faim, il devrait avoir droit à une deuxième portion du mets principal tout comme les autres enfants. Seul le dessert fait exception à la règle. Une seule portion de dessert doit être servie à tous les enfants. Si la faim persiste : une autre portion du repas principal pourra alors être offerte.

En aucun cas il n’est recommandé de faire des commentaires à l’enfant en lien avec son poids. L’enfant pourrait alors se sentir stigmatisé et développer des comportements alimentaires malsains à long terme. Plus encore, il ne faut jamais mettre un enfant au régime : cela dérouterait le contrôle naturel de faim et de satiété de l’enfant. D’autant plus que les enfants sont en pleine croissance et ont des besoins très élevés en énergie. En les privant de manger à leur faim, ils ne seront plus en mesure d’obtenir tous les nutriments nécessaires à leur croissance, ce qui pourrait avoir des répercussions encore plus importantes sur la santé. La faim représente le meilleur instrument afin d’évaluer quels sont les besoins énergétiques des adultes comme des enfants. Laisser les enfants manger à leur faim constitue donc le meilleur moyen d’assurer un équilibre pondéral. L’usage de restrictions et de pressions afin de limiter la consommation viendront dérégler cette capacité naturelle à contrôler les besoins du corps et sont donc à éviter.

Bien qu’il puisse sembler avantageux de discuter du poids de l’enfant avec les parents, cette situation est plutôt délicate. En effet, il est possible que l’enfant ait développé de mauvaises pratiques alimentaires à la maison. Il n’est toutefois pas de la responsabilité du milieu de garde de modifier les comportements adoptés à la maison. La meilleure attitude à privilégier est donc de permettre et d’aider l’enfant à reconnaître ses signaux de faim et de satiété lorsqu’il est en milieu de garde. Ainsi, il est préférable de toujours questionner les enfants quant à leur appétit lorsque vient le temps de les servir afin d’éviter que ceux-ci ne consomment trop d’aliment par pression sociale.

 
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