La viande vient des animaux

Par les nutritionnistes de Nos petits mangeurs

Pas toujours facile pour les enfants de comprendre que les animaux de leurs dessins animés préférés sont aussi parfois ceux qui se retrouvent dans leurs assiettes. Une bonne raison pour leur cacher? Pas forcément. Voici quelques arguments en faveur des discussions transparentes sur l’origine des aliments.

Une histoire de culture

Dans la majorité des cultures, les enfants sont habitués de voir des poulets avec des pattes et une tête, des lapins avec des yeux, des poissons entiers avec la peau et les yeux. Les enfants qui vont au marché avec leurs parents grandissent avec un sens plus développé de la nature des aliments.

Les groupes culturels diffèrent dans leur acceptation des aliments. Des aliments considérés dégoûtants par une culture peuvent être vus comme un régal dans une autre. C’est la même chose pour l’apparence des produits d’origine animale. Bien des cultures trouvent normal de reconnaître l’animal ou les parties d’animal d’où viennent les viandes et poissons. Les enfants grandissent dans cet esprit. Chez nous, à l’inverse, les viandes et poissons sont plus souvent achetés dans les grandes surfaces. On les trouve taillés et emballés de façon à effacer tout lien avec l’animal. Pour les Nord-Américains adeptes des supermarchés, c’est toute une surprise (pour ne pas parler de dégoût) les premières fois qu’ils parcourent les allées d’un marché public à l’étranger. Pourtant, les enfants de ces pays se promènent probablement devant les mêmes étals sans sourciller!

En somme, reconnaître qu’une tranche de bœuf vient d’un animal est normal pour un enfant habitué. Mais cette expérience pourrait être dérangeante pour un enfant qui n’a jamais réalisé que son repas de cuisse de poulet préféré vient d’un mignon poulet.

L’importance de la familiarisation

Les trois quarts des enfants de 2 à 10 ans connaîtront des épisodes de néophobie alimentaire. Pour accompagner les enfants dans la découverte de la diversité alimentaire, misez sur la familiarisation. La familiarisation, c’est un processus par lequel on apprend à mieux connaître les aliments afin qu’ils deviennent peu à peu familiers, connus. Les enfants tendent à aimer les aliments qu’ils connaissent. Alors, apprendre à connaître les aliments est une des façons de bien les accepter et les apprécier. Il faut donc exposer les enfants de façon répétée aux aliments. Il faut aussi décrire les aliments, parler de leur utilisation, discuter de leur provenance, etc. Les enfants ont tout avantage à savoir que la carotte vient du potager, le saumon de la rivière, les œufs de la poule et le jambon du cochon.

Une porte ouverte sur la consommation responsable

Selon le réputé auteur Micheal Pollan, la déconnexion nord-américaine entre la viande et l’animal pourrait avoir contribué à l’essor de l’élevage intensif. Cet élevage se déroule souvent loin des yeux des consommateurs. «Loin des yeux, loin du cœur» dit l’adage. Quand l’élevage se passe loin des yeux des consommateurs, l’industrie élève les bêtes comme elle l’entend. Elle le fait souvent davantage avec la recherche de profits en tête que le bien-être des animaux ou des préoccupations environnementales.

Choisir les aliments d’origine animale doit être pris au sérieux. Les animaux étaient vivants avant d’être au menu. Assurons-nous donc de consommer des animaux élevés le plus sainement possible, dans les conditions optimales au bien-être animal. Des éleveurs responsables, il en existe. Ceux-là ne se cachent pas. Au contraire, ils ouvrent même leurs portes aux agrotouristes. Les agrotouristes y verront des animaux aimés, bien traités et heureux… de quoi rassurer petits et grands!

À quel point plus chères les viandes dorlotées?

Ces viandes bien élevées et dorlotées coûtent plus cher selon certains. Peut-être. Mais si on n’en mange qu’à l’occasion pour faire de la place au tofu, aux nombreuses légumineuses, aux noix, aux graines, aux œufs, aux petits poissons (comme les sardines et le maquereau), au final, la facture s’allège!

Sorties à la ferme et agrotourisme

Les sorties à la ferme sont d’excellentes activités à planifier avec les enfants! Que ce soit avec le groupe de la garderie ou en famille, ces visites chez de petits producteurs sont des occasions en or de mieux connaître l’origine des aliments. Les enfants se familiariseront dans un contexte ludique et amusant.

Les enfants vous poseront sans doute tôt ou tard des questions. «Le joli cochon tout rose, il faut le tuer pour qu’il vienne dans mon assiette? La belle vache dans le champs, c’est elle qui devient de la viande?». Ces interrogations sont tout ce qu’il y a de plus normal. Il importe de se préparer à y répondre avec délicatesse, comme le fait Stéphanie Côté dans ce texte

Bonne lecture, et bonnes visites!

 

Date de publication: février 2014

Ressources

  1. Ministère de la famille xx. Gazelle et Potiron, cadre de référence xxx. [Disponible en ligne, consulté le 10 février 2014. http://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/Famille/developpement_des_enfants/cadre-de-reference/Pages/index.aspx].
  2. Côté, Stéphanie. Est-ce que manger des animaux, ça tracasse votre enfant? Naître et grandir. [Disponible en ligne, consulté le 10 février 2014. http://naitreetgrandir.com/blogue/dans-mon-assiette/2013/07/16/manger-des-animaux-est-ce-que-ca-tracasse-vos-enfants/].

Références

  1. Shutts 2013. Understanding infants’ and children’s social learning about foods: Previous research and new prospects. Dev Psychol. 2013 Mar;49(3):419-25.
  2. Ministère de la famille xx. Gazelle et Potiron, cadre de référence pour des environnements favorables à la saine alimentation, au jeu actif et au développement moteur. [Disponible en ligne, consulté le 10 février 2014. http://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/Famille/developpement_des_enfants/cadre-de-reference/Pages/index.aspx].
  3. Côté, Stéphanie. Est-ce que manger des animaux, ça tracasse votre enfant? Naître et grandir. [Disponible en ligne, consulté le 10 février 2014. http://naitreetgrandir.com/blogue/dans-mon-assiette/2013/07/16/manger-des-animaux-est-ce-que-ca-tracasse-vos-enfants/].
  4. Pollan, Michael. An Animal’s Place, The New York Times Magazine, 10 novembre 2012. [Disponible en ligne, consulté le 28 janvier 2014. http://www.nytimes.com/2002/11/10/magazine/10ANIMAL.html].